Interviewer avec Blandine Lenoir/ Interview with Blandine Lenoir (French Version)
October 17th, 2007 | by Gautam |
Blandine Lenoir est l’esprit créatif derrière le film « Rosa ». Blandine a non seulement écrit, produit et dirigé le film, mais elle a tenu le premier rôle. Elle est bien connue autour du monde pour son interprétation étourdissante dans le film ‹ Seul contre tous ›. J’ai eu la chance d’écrire un e-mail à Blandine et à elle a consenti gentiment à faire cet entretien. Malgré mon pauvre français, je me suis débrouillé à obtenir les opinions de Blandine sur son film et sa carrière.
Blandine, pour votre film Rosa, vous occupez les rôles multiples d’écrivain, de producteur, de réalisatrice et de premier rôle. Comment vous êtes-vous organisée avec tous ces rôles différents ?
C’était difficile. Pour arriver à ce genre de travail, il faut une équipe solide, et celle de “rosa” était formidable. Nous nous connaissions très bien, et nous connaissions bien la difficulté du tournage. Nous nous étions préparés. Mais j’ai perdu 6 kilogs en huit jours pendant le tournage!
Comment l’idée de « Rosa » est-elle venue ? A-t-elle été inspirée par une expérience personnelle ?
Quand je suis devenue maman, j’ai été très surprise des émotions opposées qui me tombaient dessus : grand bonheur et grand désespoir. Où est ma vie d’avant ? comment la retrouver ? Et tout le monde me disait “tu verras, c’est génial d’être maman”, je pensais que tout le monde m’avait menti, c’était en fait très dur ! J’ai cherché des films qui parlaient de ça, et je n’en ai pas trouvé : ce qui m’a paru fou, c’est quand même un sujet qui concerne beaucoup de monde non ? Le film est tiré de mon expérience, mais aussi de celle de beaucoup de jeunes parents autour de moi, aussi désemparés que je l’étais. Je voulais faire un film rock n’roll sur la maternité. Rire de ces angoisses, et de cet amour vertigineux qui nous tombe dessus.
Comment s’est déroulé le tournage de « Rosa » ?
Le travail commençait tôt le matin, avec des pauses siestes pour le bébé! Pendant qu’il dormait, vite, on tournait les plans d’adultes, ou les contre champs sans la petite. J’étais totalement dédoublée : la réalisatrice voulait tourner, la maman voulait que son enfant se repose, l’actrice était trop fatiguée ! .. il y a eut des moments magnifiques avec ma fille, qui était exactement comme je l’avais écrit au scénario. C’était souvent magique. L’équipe devait parler doucement, être en chaussettes, et ça se passait très bien. Tout le monde était sous le charme de la petite. J’étais très fière de nous tous, je me disais chaque soir “aujourd’hui on a réussit, il faut tenir bon demain” et comme ça jusqu’au bout. C’était une expérience très forte.
Dites-nous en plus de votre enfance et de votre éducation.
Rien de spécial. Une enfance normale et calme. Une éducation autour des arts, surtout la musique et la peinture. J’aimais beaucoup lire.
Quand avez-vous décidé d’entrer dans le cinéma ? Quels sont les films et les cinéastes qui vous inspirent ?
Je crois que je n’ai jamais voulu faire autre chose que du cinéma, et je ne sais pas du tout d’où ça vient.
Vous avez donné une interprétation acclamée par la critique dans le rôle de la fille du boucher de ‹ Seul contre tous ›. Quels étaient les défis que vous avez relevés et comment vous êtes vous préparée à ce rôle?
J’ai juste écouté Gaspar et suivi Philippe Nahon. J’avais 15 an s! Je n’ai réfléchi à rien, j’ai fait ce qu’on me demandait. J’ai beaucoup appris du cinéma sur ce tournage.
Comment avez-vous senti la façon de faire d’un réalisateur puissant comme Gaspar Noé?
Il est très gentil, très exigeant, très doux. La violence de ses films n’est pas dans son attitude !
Que préférez vous faire : jouer ou diriger ?
Les deux se nourrissent.
Quel conseil donneriez-vous aux étudiants cinéastes ?
Travailler, résister, bien s’entourer.
Que ferez-vous après ?
Depuis “rosa” j’ai tourné deux autres films : “ma culotte” qui dure 14mn, et “pour de vrai” qui dure 12 mn. Ils marchent tous les deux très bien en festival, en france et à l’étranger. Je prépare un film très court de 5mn pour le mois prochain, et je suis en écriture de deux longs métrages. Je joue aussi dans deux longs métrages en novembre. Tout va bien.
Merci pour votre temps, Blandine ! C’était un plaisir de vous parler.
*Special thanks to Vincent Jourdan of Inisfree for help with the translation.



By Antoine on Jul 30, 2010
Les courts métrages sont un bel exercice mais qui ont décidément du mal à trouver un public large, vivement un nouveau long métrage…